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Observer dans la durée les cambriolages [1]

Cette observation sur le long terme concerne seulement le cambriolage de la résidence principale ou de ses annexes dans la mesure où les cambriolages d’autres lieux ne sont pas pris en compte dans toutes les enquêtes que nous utilisons.

I. Une baisse de longue durée suivie d’une importante remontée

Figure 1 : Cambriolages de la résidence principale, ménages victimes dans la population (prévalence), diverses enquêtes, 1984-2016

HTML5 Icon Sources : CESDIP, INSEE, IAU Champ : variable selon les enquêtes

Note de lecture : la barre en traits discontinus indique un changement important dans la formulation de la question de l’enquête nationale.

Cette victimation présente une baisse importante suivie d’une remontée qui ramène aux valeurs observées à l’extrême-fin du siècle précédent. (pour lire la suite, cliquer ici )

II. Enquêtes et statistiques de police ne concordent guère

Figure 2 : Ensemble des cambriolages de la résidence principale, enquêtes et statistiques policières, (en milliers) 1984-2016

HTML5 Icon Sources : CESDIP, INSEE, SSM-SI Champ : France métropolitaine

L’écart entre les données d’enquêtes et les statistiques policières est important : il excède toujours un rapport de 2 à 1 (pour lire la suite, cliquer ici).

Cette situation inattendue semble due en grande partie à une divergence d’appréciation sur les tentatives, comme si le policier hésitait à enregistrer sous la rubrique cambriolages des incidents – par exemple une serrure endommagée – que l’enquêté, lui, interprète comme des tentatives de cambriolages [2]. Si, au contraire, on se borne aux seuls cambriolages réussis (figure 3), la courbe policière entre dans l’intervalle de confiance des colonnes de l’histogramme des cambriolages suivis de dépôts de plainte.

Figure 3 : Cambriolages de la résidence principale réussis, enquêtes et statistiques policières (en milliers) 2003-2016

HTML5 Icon Sources : INSEE, SSM-SI Champ : France métropolitaine

En revanche, la plus grande ancienneté des données policières permet de relativiser les mouvements récents en les replaçant dans une perspective chronologique plus longue. La figure 4 fait bien voir une très forte croissance au cours de la décennie 1970 suivie d’une sorte de plateau haut de longue durée où baisse puis reprise récente constituent seulement des oscillations de faible amplitude par rapport à la montée antérieure [3].

Figure 4 : Cambriolages de la résidence principale dans la statistique de police, 1972-2017

HTML5 Icon Source : Ministère de l’Intérieur Champ : France métropolitaine

Pour savoir qui sont les cambrioleurs, les enquêtes de victimation sont inutilisables, puisque les cambriolés connaissent rarement leurs cambrioleurs. Mais les statistiques de police ne le sont guère davantage : elles ne connaissent le cambrioleur que dans les rares cas où un suspect a pu être identifié et entendu (élucidation). Pour les cambriolages de résidence principale en 2014-15, cela représente 46 milliers sur 1 100 milliers dénombrés dans les enquêtes de victimation, soit 4%. Que cette minuscule proportion donne des résultats représentatifs de l’ensemble des cambriolages de la résidence principale subis tiendrait du miracle.

Figure 5 : % d’affaires élucidées (selon la statistique de police) par rapport aux cambriolages de la résidence principale (selon l’enquête CVS) – 2016

HTML5 Icon Sources : INSEE ; SSM-SI

Conclusion

Au total, dans le dernier quart de siècle, l’évolution des cambriolages de résidence principale montre une forte tendance à la baisse suivie d’une reprise marquée (mais peut-être sans lendemain) au cours de la dernière décennie.

Enfin, le comptage policier ne constitue pas un indicateur très fiable de cette sorte de victimation, en raison notamment d’un sous-enregistrement des tentatives. Il en indique cependant la tendance globale.

Notes

Références

Pour afficher l’ensemble de la fiche Observer dans la durée les cambriolages (pdf),cliquer ici )