Observer dans la durée le sentiment d’insécurité

 

Avant tout, il faut rappeler que le sentiment d’insécurité n’est pas une dimension simple que pourrait traduire un indicateur unique. On peut se le figurer comme un continuum. L’une des extrémités est très liée à l’exposition concrète (de soi ou des siens) à la délinquance. Elle constitue une sorte de réaction – on parle toujours de peur, mais il peut s’agir de colère, voire tout simplement de vigilance – à cette exposition. L’autre extrémité de l’insécurité est moins liée à l’expérience ou à l’exposition au risque délinquant. Moins expérientielle, elle est plus expressive : les crispations sécuritaires sont une manière d’exprimer une préoccupation qui se cristallise sur la criminalité mais qui la dépasse largement.

Les nombreuses publications françaises sur l’insécurité s’appuient rarement sur des données et appartiennent plutôt au genre des essais. Il existe pourtant des données ; si elles pâtissent souvent de l’instabilité des questions posées dans les enquêtes, au moins présentent-elles l’avantage de tenir compte de la diversité des aspects du sentiment d’insécurité.

 

 

Les peurs

 

Cet aspect de l’insécurité varie selon les situations et les circonstances ; on ne peut en parler qu’au pluriel, en multipliant les indicateurs.

 

La peur au domicile

 

Figure 1 : Évolution des peurs au domicile (%), 1996-2016

Évolution des peurs au domicile (%), 1996-2016

 

Depuis au moins le début du siècle, la peur au domicile reste toujours à peu près dans le même ordre de grandeur qu’il s’agisse de la France métropolitaine ou de l’Île-de-France. (Pour en savoir plus)

 

La peur dans son quartier

 

Figure 2 : Évolution de la peur dans le quartier (%), 1996-2016

Évolution de la peur dans le quartier (%), 1996-2016

 

Ceux qui déclarent avoir souvent ou quelquefois peur dans leur quartier restent toujours dans un ordre de grandeur modeste. (Pour en savoir plus)

 

La peur dans les transports en commun

 

Figure 3 : Évolution des peurs dans les transports en commun en Île-de-France (%), 2001-2015

Figure 3 - insec 100616

 

La comparaison de ces scores avec ceux présentés précédemment montre l’importance de l’insécurité dans les transports en commun. (Pour en savoir plus)

 

La peur pour les enfants

 

Figure 4 : Évolution des peurs pour les enfants en Île-de-France (%), 2001-2015

Figure 4 - insec 100616

 

Un des résultats majeurs des enquêtes régionales et locales a été la découverte de l’importance des peurs pour les enfants. (Pour en savoir plus)

 

 

L’insécurité dans le voisinage

 

Figure 5 : Évolution du sentiment d’insécurité dans le voisinage en France (%), 1996-2016

Évolution du sentiment d’insécurité dans le voisinage en France (%), 1996-2016

 

Une petite minorité – entre 10 et 12% – dont l’ordre de grandeur ne change guère au cours de la période observée, présente l’insécurité ou la délinquance comme le problème majeur de son environnement immédiat. (Pour en savoir plus)

 

 

La préoccupation sécuritaire

 

Figure 6 : Évolution des préoccupations (%) en France et Île-de-France, 2001-2016

Évolution des préoccupations (%) en France et Île-de-France, 2001-2016

 

Les CVS demandent aux enquêtés de choisir dans une liste le problème le plus préoccupant dans la société française : la domination du chômage est de plus en plus écrasante ; quant à la délinquance, elle vient au troisième rang juste derrière la pauvreté. (Pour en savoir plus)

Les enquêtes franciliennes indiquent une forte liaison de la préoccupation sécuritaire avec l’autopositionnement politique (figure 7) ; dans toutes les campagnes de 2001 à 2013, la proportion de ceux qui mettent la délinquance au premier rang est plus forte que la moyenne régionale chez les enquêtés qui se classent à droite et beaucoup plus forte chez ceux qui se situent à l’extrême-droite.

 

Figure 7 : Préoccupation sécuritaire et autopositionnement politique (%) – Île-de-France – 2015

Préoccupation sécuritaire et autopositionnement politique (%) – Île-de-France – 2015

 

 

 

Pour afficher l’ensemble de la fiche Observer dans la durée le sentiment d’insécurité (pdf), cliquer ici.