Observer dans la durée les cambriolages

 

Cette observation sur le long terme concerne seulement le cambriolage de la résidence principale ou de ses annexes dans la mesure où les cambriolages d’autres lieux ne sont pas pris en compte dans toutes les enquêtes que nous utilisons.

Pour les problèmes méthodologiques communs à toutes les observations dans la durée des délinquances voir :

 

 

Une baisse de longue durée suivie d’une importante remontée

 

Figure 1 : Cambriolages de la résidence principale, ménages victimes dans la population (prévalence), diverses enquêtes (1984-2015)
Cambriolages de la résidence principale, ménages victimes dans la population (prévalence), diverses enquêtes (1984-2015)
Note de lecture : la barre en traits discontinus indique un changement important dans la formulation de la question de l’enquête nationale.

 

Cette victimation présente une baisse importante sur la période observée, avec un retour à la hausse dans les années les plus récentes… (Pour en savoir plus).

 

 

Enquêtes et statistiques de police ne concordent guère

 

Figure 2 : Ensemble des cambriolages de la résidence principale, enquêtes et statistiques policières, (en milliers) 1984-2015

Ensemble des cambriolages de la résidence principale, enquêtes et statistiques policières, (en milliers) 1984-2015

 

L’écart entre les données d’enquêtes et les statistiques policières est important : il excède toujours un rapport de 2 à 1. (Pour en savoir plus)

 

Figure 3 : Cambriolages de la résidence principale réussis, enquêtes et statistiques policières (en milliers) 2003-2015

Cambriolages de la résidence principale réussis, enquêtes et statistiques policières (en milliers) 2003-2015

 

Cette situation inattendue semble due en grande partie à une divergence d’appréciation sur les tentatives, comme si le policier hésitait à enregistrer sous la rubrique cambriolages des incidents – par exemple une serrure endommagée – que l’enquêté, lui, interprète comme des tentatives de cambriolages[1].

En revanche, la plus grande ancienneté des données policières permet de relativiser les mouvements récents en les replaçant dans une perspective chronologique plus longue. La figure 4 fait bien voir une très forte croissance au cours de la décennie 1970 suivie d’une sorte de plateau haut de longue durée où baisse puis reprise récente constituent seulement des oscillations de faible amplitude par rapport à la montée antérieure[2].

 

Figure 4 : Cambriolages de la résidence principale dans la statistique de police, 1972-2016

Cambriolages de la résidence principale dans la statistique de police, 1972-2015

 

Pour savoir qui sont les cambrioleurs, les enquêtes de victimation sont inutilisables, puisque les cambriolés connaissent rarement leurs cambrioleurs. Mais les statistiques de police ne le sont guère davantage : elles ne connaissent le cambrioleur que dans les rares cas où un suspect a pu être identifié et entendu (élucidation). Pour les cambriolages de résidence principale en 2013-14, cela représente 46 milliers sur 1 100 milliers dénombrés dans les enquêtes de victimation, soit 4%. Que cette minuscule proportion donne des résultats représentatifs de l’ensemble des cambriolages de résidence principale subis tiendrait du miracle.

 

Figure 5 : Cambriolages de la résidence principale (calculés d’après les enquêtes de victimation et élucidés dans les données policières, 2014-2015)

Cambriolages de la résidence principale (calculés d'après les enquêtes de victimation et élucidés dans les données policières, 2014-2015)

 

 

Conclusion

 

Au total, dans le dernier quart de siècle, l’évolution des cambriolages de résidence principale montre une forte tendance à la baisse suivie d’une reprise récente.

Enfin, le comptage policier ne constitue pas un indicateur très fiable de cette sorte de victimation, en raison notamment d’un sous-enregistrement des tentatives. Il en indique cependant la tendance globale.

 

Pour afficher l’ensemble de la fiche Observer dans la durée les cambriolages (pdf), cliquer ici.

 

 

 

[1] Le rapport de l’Inspection générale de l’administration (Rouzeau & al., 2013, 24) sur L’enregistrement des plaintes par les forces de sécurité intérieures confirme qu’une tentative de cambriolage peut donner lieu à l’établissement d’un simple procès-verbal pour dégradations légères, une contravention qui n’est pas décomptée dans les statistiques de police (dans le même sens pour le ressort de la Préfecture de police de Paris voir Gagneron & al., 2014).

[2] Avant 1972, les cambriolages de la résidence principale sont confondus dans un poste ‘autres vols qualifiés’ ce qui empêche de saisir le moment où démarre le raz de marée des cambriolages. C’est la raison pour laquelle le ministère de l’Intérieur n’a pu reconstituer à l’échelle semi-séculaire qu’une série globale de tous les vols (reproduite in Robert, Zauberman, 2011, 115).