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Observatoire Scientifique du Crime et de la Justice


Observer dans la durée les agressions

Parmi toutes les délinquances, les agressions constituent la matière la plus sensible, celle qui soulève le plus de controverses, d’initiatives politiques et législatives. C’est malheureusement aussi celle où la mesure de l’évolution est la plus malaisée.

La responsabilité en incombe aux multiples modifications qu’ont subies les mesures ces dernières années. Outre les problèmes méthodologiques communs à toutes ces observations dans la durée des délinquances (difficultés, choix méthodologiques), les agressions posent des problèmes spécifiques.

C’est donc à travers ces multiples difficultés qu’il va falloir tenter d’évaluer l’évolution des agressions. Pour cette délinquance si sensible plus que pour n’importe quelle autre, il est pourtant crucial de ne pas rester prisonnier d’observations de court terme et sans point de comparaison qui permettent de justifier n’importe quelle assertion de sens commun.

On verra successivement

L’homicide est rare

Figure 1 : Homicides volontaires, taux pour 100 000 habitants (1971-2016)

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Homicides volontaires, taux pour 100 000 habitants (1971-2016)

L’homicide volontaire ne croît pas et se situe même actuellement à un niveau très bas. (Pour en savoir plus)

Les agressions physiques non létales oscillent autour du même ordre de grandeur

Figure 2 : Agressions physiques non létales (prévalences dans différentes enquêtes, 1984-2015)

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Agressions physiques non létales (prévalences dans différentes enquêtes, 1984-2015)

S’il est possible que cette victimation ait crû entre le milieu des années 1980 et le milieu de la décennie suivante, en tous cas elle oscille depuis sans marquer aucune tendance claire à l’augmentation ou à la baisse : en 2014-15 comme en 1994-95, on se retrouve autour de 3% d’agressés. (Pour en savoir plus)

Ceci dit, l’agression physique couvre une vaste gamme d’incidents allant du simple coup de poing à la blessure. Qu’en est-il de l’évolution des cas les plus graves ?

Figure 3 : Agressions physiques caractérisées (prévalences dans différentes enquêtes, 1984-2015)

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Le périmètre des victimes est alors à la limite de ce qui est statistiquement observable, entre un et deux dixièmes de points. À ce niveau, on ne peut guère gloser sur des évolutions, simplement relever l’étiage où l’on se situe… (Pour en savoir plus)

Si l’élargissement continu de la définition du délit de coups et blessures volontaires rend impossible le recours aux statistiques de police pour estimer l’évolution des agressions physiques caractérisées, on peut néanmoins tenter une comparaison pour l’ensemble des violences physiques : dans ce cadre plus large, l’effet de l’inflation législative sera peut-être moins sensible. Toutefois la validité de cette source est devenue très fragile quand il s’agit d’estimer l’évolution de la violence. (Pour en savoir plus)

Figure 4 : Agressions physiques non létales (enquêtes et statistiques de police, en milliers – 1984-2015)

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Au total, aucun indicateur crédible ne plaide en faveur d’une croissance significative des violences physiques, en tous cas depuis le milieu des années 1990 : on se situe toujours autour de 3% d’agressés et de moins de 5% d’agressions par période de deux ans.

Peut-on encore mesurer l’évolution des agressions sans contact physique ?

Quand on demande aux enquêtés s’ils ont été agressés, on relève qu’une grande partie des réponses ne correspondent pas à une agression physique, qu’il n’y a eu ni blessures ni même coups. Il peut alors s’agir de menaces, d’attitudes menaçantes, de racket, voire même de vol de force réduit à un simple arrachage sans autre violence. Il est utile d’évaluer leur évolution dans la mesure où ils peuvent témoigner d’une violence de basse intensité qui traduit une rugosité sociale, une difficulté de coexistence. Mais l’interrogation demande un certain savoir-faire pour ne pas risquer d’inciter l’enquêté à chercher des cas qu’il n’aurait pas classé spontanément parmi les agressions mais qu’il va extirper de sa mémoire pour satisfaire l’enquêteur qui l’interroge en détail sur les menaces, les injures… (Pour en savoir plus)

Figure 5 : Agressions sans contact physique (prévalences dans différentes enquêtes, 1984-2015) HTML5 Icon

Figure 6 : Agressions sans contact physique (enquêtes et statistiques de police, en milliers – 1984-2015) HTML5 Icon

Malgré la disproportion entre les deux sources, retenons que la statistique policière indique une croissance continue. Jusqu’au milieu de la dernière décennie, ce mouvement était bien corrélé avec celui indiqué par les enquêtes, dont il traduisait la tendance sinon l’ordre de grandeur. Au contraire, on ne retrouve pas dans les données policières les plus récentes l’érosion que laissent à voir les CVS. Faut-il en déduire que l’ancienne cohérence entre les deux sources a désormais disparu ? (Pour en savoir plus)

Conclusion

Au total, il est particulièrement malaisé d’estimer l’évolution des agressions sur le long terme.

Tout se passe en effet comme si les différentes sources avaient été soumises à des distorsions qui visaient toujours à tenter de trouver le plus de violences possible.

Malgré ces difficultés, on peut conclure

Pour afficher l’ensemble de la fiche Observer dans la durée les agressions (pdf), cliquer ici.